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dimanche 2 février 2014

L’auto-entrepreneur : le nouveau travailleur pauvre

De faibles revenus en cause, les auto-entrepreneurs ont rejoint le nombre des travailleurs pauvres existant en France. En effet, plus d’un tiers de ces nouveaux entrepreneurs, conservent une activité professionnelle en supplément ou perçoivent une partie de leur RSA pour pouvoir vivre.

Selon une étude de l’Insee, fin 2011, les créateurs d’entreprises étaient 416 000 à avoir opté pour le statut d'auto-entrepreneur, contre 340 000 un an plus tôt et à peine 170 000 à la fin de l'année 2009.  Le nombre des auto-entrepreneurs représenteraient ainsi près du cinquième des indépendants en 2011, couvrant tous les secteurs d'activité (bâtiment, électricité, soin aux personnes, prestataires de services etc…).

Les auto-entrepreneurs sont actuellement le principal moteur de croissance du nombre d'indépendants dans le pays, en hausse de 0,3% sur l'année alors qu'ils avaient décliné de 2,1% en 2010.  Selon ce même rapport, de nombreux créateurs de petites entreprises, ne réussissant qu’un petit chiffre d’affaires à l’année, penseraient de plus en plus à se tourner vers le régime de l’auto-entreprenariat, qui se révélerait plus souple administrativement et financièrement qu’un régime classique.

Concernant ce que les auto-entrepreneurs dégagent comme marge, la moyenne demeure particulièrement basse, avec 5430 euros annuels. Mais plus grave, un auto-entrepreneur sur quatre n’aurait qu’un bénéfice net de moins de 900 euros par an en 2011, un sur deux moins de 3.000 euros et 90% d'entre eux moins de 14.300 euros.

Il est admis qu’au moins un tiers des auto-entrepreneurs conserve une activité salariée à côté. La notion d'activité d'appoint restait ainsi largement répandue chez les auto-entrepreneurs. Nombreux d’entres eux, viennent du RSA et continuent à en toucher une partie passant du RSA socle au RSA activité. Car contrairement aux idées reçues, une partie du RSA est déduite du montant du revenu des auto-entrepreneurs. Les partis politiques avaient toujours prévu de conserver la totalité du RSA pour les salariés ne dégageant qu’un bénéfice mineur avec leur activité, mais ce projet est resté dans les cartons.

Autre tendance à noter dans le rapport de l'Insee : la part des femmes s'avère être plus élevée chez les auto-entrepreneurs (40%) que chez les indépendants classiques (35%).

Dans l’ensemble, les indépendants ont gagné en moyenne en 2011 37 200 euros. Ce chiffre englobe des situations très inégalitaires en fonction du statut adopté par ces derniers. Au plus haut de l'échelle, les juristes ont en effet gagné en moyenne plus de 110 000 euros par an. Bien plus que les 5430 euros difficilement gagnés en moyenne par les auto-entrepreneurs sur la même période.
En 2011, la France comptait 2,3 millions d'indépendants, recense l'Insee, compté comme travailleurs non-salariés. Une réalité qui regroupe aussi bien des professionnels libéraux que des actionnaires majoritaires de sociétés comme de petits auto-entrepreneurs. 300 000 d'entre eux continuent à avoir une activité salariée en parallèle.

La croissance du nombre d'entrepreneurs en 2011 n'est pas restée sans conséquence sur les revenus moyens des indépendants. En les décomptant, ces derniers auraient en effet gagné en moyenne plus de 37 000 euros sur l'année. Et si les revenus de ces indépendants classiques (+1,6%) comme ceux des auto-entrepreneurs (+2,1%) ont augmenté sur un an, la moyenne affiche bel et bien un déclin au global de 1,9%. 

La faute à la part grandissante du nombre d'auto-entrepreneurs au sein des indépendants, eux qui empochent bien moins de revenus que leurs acolytes. Les impôts des auto-entrepeneurs ont augmenté depuis le début de l’année 2014, ce qui va encore faire diminuer le bénéfice que ceux-ci arrivent à dégager. 

Vous pouvez retrouvez ce texte dans InfosNet.Mag n° 9.
Demandez le, il est gratuit : infosnet.mag@netcourrier.com

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